Les élus CFDT ont pris connaissance du dossier présenté au CSEC relatif à l’analyse de double matérialité réalisée dans le cadre de l’élaboration du futur rapport de durabilité du groupe.
Nous comprenons que cette analyse constitue une étape importante dans la mise en œuvre de la directive européenne sur le reporting de durabilité des entreprises (CSRD), qui vise à renforcer la transparence et la comparabilité des informations extra-financières, notamment sur les dimensions environnementales, sociales et de gouvernance.
Nous jugeons cette démarche pertinente et espérons qu’elle enrichira le dialogue social autour de la politique RSE du Groupe.
Cependant, le dossier reste très technique et centré sur les normes et méthodologies, ce qui rend difficile une compréhension concrète des impacts sur les salariés, les organisations de travail et les métiers.
Dans ce cadre, les élus CFDT s’interrogent sur la définition et la pondération des IRO, la méthode laissant une part importante d’appréciation. Dans la mesure où chaque entreprise fixe ses priorités et ses indicateurs, les publications restent difficilement comparables et leur objectivité peut apparaître limitée.
Les élus CFDT constatent que les impacts sociaux présentés demeurent relativement génériques et centrés sur la conformité réglementaire ou la réputation. Les transformations concrètes du travail, notamment liées aux évolutions numériques et organisationnelles, restent peu visibles, alors même qu’elles influencent directement les conditions de travail et peuvent générer des risques psychosociaux.
Dans cette perspective, une attention particulière devra être portée, dans les prochaines étapes, à la prise en compte des impacts sociaux réels des transformations de l’entreprise, afin de mieux refléter la réalité du travail des salariés.
Dans ce contexte, l’arrivée de l’intelligence artificielle et la généralisation des systèmes d’IA constituent des transformations majeures pour les métiers, l’organisation et les compétences, ce qui renforce la nécessité d’anticiper et d’analyser leurs impacts sociaux et RSE, notamment sur les conditions de travail, l’évolution des métiers, la formation et l’accompagnement des salariés.
Les élus CFDT s’interrogent aussi sur l’articulation entre les indicateurs CSRD et les informations déjà produites dans le cadre du dialogue social. Pour être pleinement utiles, ces travaux doivent nourrir le dialogue social et non se limiter à un exercice de reporting externe. Ils pourraient ainsi contribuer à éclairer les discussions sur les transformations du groupe et leurs impacts pour les salariés.
Les élus CFDT souhaitent qu’un suivi soit assuré dans les prochaines phases, permettant aux représentants du personnel de mieux appréhender l’évolution des indicateurs, leur traduction dans les politiques et orientations stratégiques, ainsi que l’évolution de l’analyse de matérialité au fil de la montée en maturité du groupe sur ces sujets.
Au regard de ces éléments, les élus CFDT considèrent ce dossier comme une première étape méthodologique dans la préparation du futur rapport de durabilité, appelée à s’enrichir pour mieux refléter les impacts concrets de l’activité du groupe.
Les élus CFDT encouragent la direction à poursuivre un effort de vulgarisation pour rendre ces sujets complexes plus accessibles aux élus et favoriser un dialogue social pleinement éclairé.
Ils souhaitent que cette démarche devienne progressivement un levier permettant d’anticiper les transformations du groupe, d’en mesurer les impacts et d’accompagner les évolutions pour les salariés.
Dans l’attente de ces évolutions, les élus CFDT émettent un avis d’abstention sur ce projet.
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