Les élus CFDT notent la volonté de la Direction d’expérimenter un nouvel outil d’aide à la prospection commerciale intégrant de l’intelligence artificielle.
Au regard du périmètre retenu (une trentaine de volontaires sur une population cible de plus de 350 collaborateurs pour une durée d’un an), il s’agit clairement d’un pilote et non d’un déploiement. Cette phase doit permettre d’évaluer objectivement la valeur ajoutée de l’outil avant toute décision de généralisation.
Au terme de cette expérimentation, les élus CFDT demandent qu’un retour d’expérience complet (REX) soit présenté aux représentants du personnel lors du bilan prévu l’année prochaine.
Ce retour d’expérience devra notamment porter sur :
- les résultats opérationnels réellement obtenus au regard des objectifs initiaux,
- les retours des utilisateurs, qu’ils soient positifs ou négatifs,
- les impacts sur la charge de travail, les conditions de travail et l’organisation de l’activité,
- les pratiques managériales et l’utilisation effective des tableaux de bord,
- les éventuelles difficultés rencontrées (qualité des données, pertinence des suggestions générées par l’IA, surcharge éventuelle liée au traitement des réponses, etc.),
- les enseignements permettant de décider, en toute transparence, de la suite à donner au projet.
La CFDT souhaite également rappeler plusieurs points de vigilance.
Concernant la supervision humaine : l’outil doit rester une aide à la décision. La relecture systématique des contenus générés, la maîtrise des campagnes par le commercial et l’absence d’automatisation complète doivent demeurer des principes non négociables.
Concernant l’utilisation managériale des données : les informations issues de HumanLinker ne doivent pas devenir un outil de contrôle individuel ou un critère d’évaluation de la performance des collègues. Elles ne doivent pas conduire, directement ou indirectement, à une évolution des objectifs ou des pratiques d’évaluation.
Concernant les effets sur la charge de travail : si HumanLinker permet de générer davantage d’opportunités commerciales, les moyens humains et l’organisation devront permettre d’absorber les réponses obtenues sans créer de surcharge ou de dégradation des conditions de travail. Cet impact devra faire l’objet d’un suivi pendant toute la durée de l’expérimentation afin de pouvoir mettre en place des actions correctives si nécessaire.
Concernant l’équité entre les commerciaux : l’expérimentation de HumanLinker ne doit pas pénaliser les collègues qui ne participent pas au pilote. En effet, l’attribution de certaines sociétés au bénéfice des utilisateurs de l’outil peut réduire le portefeuille de cibles de prospection disponible pour les autres Middle Office. Les élus CFDT demandent donc que des mesures soient prises afin de garantir que les collègues non utilisateurs conservent des opportunités commerciales équivalentes.
Par ailleurs, si l’expérimentation démontre une réelle efficacité de l’outil, les élus CFDT demandent que les écarts de résultats éventuels entre les utilisateurs et les non-utilisateurs soient analysés avec précaution. Les collègues n’ayant pas eu l’opportunité d’utiliser HumanLinker ne doivent pas être désavantagés dans l’évaluation de leur activité ou de leur performance du seul fait qu’ils n’ont pas bénéficié de cet outil.
Les élus CFDT resteront attentifs au respect de l’engagement de la Direction de ne pas modifier les objectifs commerciaux pendant l’expérimentation. En effet, un pilote doit permettre d’évaluer objectivement la valeur ajoutée de l’outil dans des conditions normales d’activité, et non justifier une augmentation des exigences de performance.
Enfin, les élus CFDT veilleront au respect de l’engagement de la Direction d’organiser une nouvelle information-consultation du CSE Central en cas d’extension du périmètre de déploiement.
Sous ces réserves et avec les engagements rappelés, les élus CFDT rendront un avis favorable au déploiement de la phase d’expérimentation de l’outil HumanLinker.
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