Déclaration CFDT lue lors du CSE Central du 10 juillet 2026

À la suite des événements récents et de nos derniers échanges en CSEC, les élus CFDT pensaient être pleinement associés et régulièrement informés de l’avancement de l’enquête du Parquet national financier (PNF), de l’enquête interne ainsi que des éventuelles observations formulées par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

La publication des Échos du 8 juillet dernier commentant un courrier confidentiel de l’ACPR nous interpelle et suscite légitimement des interrogations parmi les salariés, notamment sur le niveau d’information dont disposent les représentants du personnel sur des sujets susceptibles d’avoir des impacts sur le Groupe.

Au regard des éléments rapportés dans cet article, les élus CFDT estiment qu’ils auraient dû être informés des principales conclusions et des demandes formulées par le régulateur, dans le respect des obligations de confidentialité. Nous demandons donc à la direction de clarifier aujourd’hui la situation avec transparence et précision, non seulement sur les points évoqués par cet article, mais également sur l’état d’avancement de l’enquête du PNF, de l’enquête interne et des autres missions confiées à Éric Vaudaine.

La communication interne diffusée par la direction répond essentiellement aux interrogations portant sur la solidité financière et le ratio de solvabilité du Groupe. Or, l’article des Échos met principalement en avant des sujets de gouvernance des risques, d’organisation des dispositifs de contrôle et de maîtrise des nouvelles activités liées au développement de l’épargne.

Nous nous interrogeons également sur les conséquences de la divulgation dans la presse d’un courrier confidentiel adressé par l’ACPR à notre Directeur Général. Une telle fuite est particulièrement préoccupante pour un groupe de notre importance. Si elle résulte d’un acte volontaire, elle est susceptible de porter atteinte à l’image, à la crédibilité et, plus largement, à la pérennité du Groupe. Elle constitue également un signal préoccupant quant à la protection des informations sensibles échangées avec les autorités de contrôle.

Les salariés sont en droit de s’interroger sur les circonstances de cette divulgation et sur les éventuels conflits d’intérêts qui auraient pu la favoriser.

·       La direction a-t-elle pu en déterminer l’origine ?

·       Des vérifications ont-elles été engagées pour écarter tout risque de conflit d’intérêts ou de manquement aux obligations de loyauté de la part des personnes ayant eu accès à ce document confidentiel ?

S’agissant de la stratégie de développement du Groupe, les élus CFDT rappellent qu’en décembre dernier, lors de notre rencontre avec le Directeur général, nous avions déjà exprimé nos interrogations sur le rythme des acquisitions et sur les risques liés à une diversification intensive vers l’épargne. Il nous avait alors été indiqué que le Groupe disposait des capacités nécessaires pour poursuivre cette ambition.

Les observations de l’ACPR citées dans la presse conduisent légitimement les élus CFDT à réinterroger cette trajectoire. Sans remettre en cause la nécessité de développer de nouvelles activités, nous nous demandons si le moment n’est pas venu de rééquilibrer les priorités stratégiques en recentrant le Groupe sur sa raison d’être.

Dans ce contexte, les élus CFDT souhaitent savoir si les recommandations de l’ACPR conduiront à revoir, ajuster ou ralentir l’ambition Épargne, et plus largement les orientations stratégiques 2027-2030.

Concernant les observations de l’ACPR rapportées par Les Échos, nous souhaiterions obtenir des précisions concernant les points relatifs à la « défaillance dans le contrôle des risques » et au « plan préventif de rétablissement ».

·       L’ACPR évoque des risques de liquidité « insuffisamment pris en compte ». Pouvez-vous préciser la nature de ces observations, les activités ou entités concernées, ainsi que les actions correctrices prévues pour répondre aux attentes du régulateur ?

·       Quels sont les constats formulés par l’ACPR concernant les insuffisances dans le suivi des risques de marché ? Quelles évolutions des dispositifs de pilotage, de contrôle et de gouvernance seront mise en œuvre pour y remédier ?

·       Quels ajustements le Groupe envisage-t-il pour s’assurer que son rythme de développement reste en adéquation avec ses capacités d’intégration, de gouvernance et de maîtrise des risques ?

  • Quelles seront les principales conséquences du plan préventif de rétablissement pour l’organisation du Groupe ?
  • Les représentants du personnel seront-ils associés ou régulièrement informés de son élaboration ?
  • Ce nouveau cadre réglementaire est-il susceptible d’avoir des incidences sur les métiers, les organisations ou les effectifs ?

Par ailleurs, les élus CFDT s’inquiètent également des informations qui circulent concernant la préparation du Contrat d’Objectifs et de Moyens (COM) 2027-2030. Si celui-ci devait conduire à une nouvelle évolution importante de l’organisation des Groupes de Protection Sociale, nous demandons que les représentants du personnel soient consultés le plus en amont possible.

Enfin, les élus CFDT souhaitent rappeler que les remontées du terrain divergent souvent de la vision présentée en CSEC. Nos alertes récentes concernant notamment les équipes de la gestion retraite, ainsi que les remontées relatives à MH Tech, restent à ce jour sans réponse concrète.

L’accumulation des sujets de ces dernières semaines traduit une organisation sous tension. Nous comprenons pleinement que le COMEX soit fortement mobilisé sur ces différents dossiers. Pour autant, la gestion de ces situations ne doit pas conduire à reléguer au second plan les difficultés quotidiennes rencontrées par les salariés.

Les élus CFDT attendent des réponses claires ainsi que des actions permettant de traiter simultanément les enjeux stratégiques du Groupe et les difficultés opérationnelles rencontrées sur le terrain.

Les élus CFDT restent attachés à la réussite de Malakoff Humanis. Pour être durable, cette réussite doit s’appuyer sur la confiance des salariés, de meilleures conditions de travail, un dialogue social de qualité et le respect des valeurs qui fondent l’identité du Groupe.