Les élus ont été consultés sur la réorganisation de la DASPEN. Cette direction, créée en 2024 par la fusion de la direction des services et des engagements, va déjà disparaître. Les collègues seront réaffectés dans quatre équipes différentes au sein des directions Développement, Action Sociale Assurance et la direction des Marchés Produits, DIM, DAD & MKG services, tout en continuant à exercer les mêmes activités.
Ce type d’évolution interroge légitimement : à quoi servent ces réorganisations successives, et avec quelles conséquences pour les équipes ?
Au-delà des aspects organisationnels, c’est aussi la lisibilité des missions et le sens du travail qui peuvent être questionnés par ces changements répétés.
Même si FO, soutenue par la CFTC, a demandé une expertise, la CFDT, avec la CFE-CGC et l’UNSA, a fait le choix de ne pas la voter.
Pourquoi ce choix pour la CFDT ?
D’une part, une expertise permet d’examiner un projet en amont de sa mise en œuvre, lorsque les élus estiment ne pas disposer de l’ensemble des éléments nécessaires pour analyser les impacts.
En l’espèce, la présentation a été jugée suffisamment claire, même si elle appelle un suivi dans la durée pour en mesurer les impacts réels. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’ensemble des élus du CSEC a mandaté la CSSCT centrale afin d’assurer un suivi dans le temps de cette réorganisation et de ses impacts concrets sur les conditions de travail, permettant de proposer, le cas échéant, des plans d’ajustement, voire d’activer un droit d’alerte si la situation venait à se dégrader.
Les élus disposent en effet de différents leviers d’action pour assurer ce suivi dans la durée.
D’autre part, le recours à une expertise aurait pour effet de prolonger les délais de mise en œuvre sans pour autant bloquer le projet. Or, même si les remontées de terrain font état d’une réelle usure liée à l’enchaînement des réorganisations, elles expriment également une attente forte de lisibilité dans l’organisation. Les collègues rencontrés par les représentants CFDT ne sont pas opposés par principe à cette évolution, qui vise à clarifier les services tant pour les clients que pour les équipes commerciales, en misant sur la transversalité.
La CFDT ne souhaite pas maintenir les collègues dans l’attente sans que cela n’apporte une valeur ajoutée concrète pour les collègues. Elle restera néanmoins attentive à ce que cette évolution ne dénature pas les missions d’accompagnement social et respecte les valeurs qui fondent ces métiers.
Mais au-delà de cette réorganisation, c’est bien l’accumulation qui pose question. Les réorganisations se succèdent dans de nombreuses directions : DOCC, DRCAS, MH Tech, Développement, Finance, entre autres … Cette répétition fragilise les collectifs de travail, alimente un sentiment d’instabilité et peut entraîner une perte de repères.
La CFDT est lucide sur les enjeux auxquels Malakoff Humanis doit faire face. Entre les évolutions réglementaires, les transformations du système de protection sociale, une concurrence de plus en plus offensive, et l’arrivée de l’intelligence artificielle qui bouscule nos métiers, le Groupe doit s’adapter pour rester pérenne.
Mais cette adaptation doit se faire de manière réfléchie, cohérente, et en limitant au maximum les impacts sur les conditions de travail des collègues, tout en préservant l’équilibre entre performance économique et utilité sociale.
C’est dans cet esprit que la CFDT a signé l’accord GEPP et qu’elle est aujourd’hui engagée dans les négociations sur l’intelligence artificielle et sur l’accord de transformation.
Pour la CFDT, la priorité n’est pas de multiplier les expertises projet par projet, mais de porter une vision d’ensemble. Il s’agit d’interroger la capacité globale de l’entreprise à se transformer de manière cohérente, sans empiler des réorganisations successives.
C’est pourquoi les élus CFDT souhaitent s’appuyer sur la prochaine consultation sur les orientations stratégiques de l’entreprise pour demander une expertise globale. L’objectif est d’analyser comment Malakoff Humanis peut mieux s’organiser pour faire face aux transformations à venir, tout en limitant leurs impacts sur les équipes et en évitant cette succession de réorganisations parfois subies.
C’est cela, la vision de la CFDT : anticiper, donner du sens, et protéger durablement les conditions de travail.
Un avis sera rendu au prochain CSEC.
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